Biosimilaires (#1) : le recadrage des associations de patients

A l’occasion du Congrès de la Société Française de Rhumatologie (SFR) en décembre dernier, trois associations majeures ont présenté une position commune sur les médicaments biosimilaires. Leur enquête, réalisée auprès de 78 patients volontaires, a été retenue par la SFR parce qu’elle « proposait une approche participative intéressante de la part d’associations de patients qui ont su se réunir sur un sujet essentiel qui nécessite une réflexion partagée de toutes les parties prenantes », comme l’a souligné le Pr Philippe Gaudin, président du Congrès 2018. Elles plaident notamment pour un meilleur accompagnement de la prescription.

Comment sont prescrits les médicaments biosimilaires ? Quelle information est donnée au patient, et comment peut-il bénéficier d’une information transparente lorsqu’un traitement à base de biosimilaires lui est prescrit ? Ce sont quelques-unes des questions que se sont posées ensemble trois grandes associations de patients en rhumatologie, partenaires de la Recherche SAFIR : l’Association Nationale de Défense contre l’Arthrite Rhumatoïde (ANDAR), l’Association France Spondyloarthrites (AFS) et l’Association pour la Lutte contre le Psoriasis (France Psoriasis).

Les biosimilaires (1) sont des médicaments biologiques (2), « hautement similaires » à une molécule biologique « de référence », et dont les fonctions et les caractéristiques (qualité, efficacité, sécurité) sont identiques. Depuis que les premiers biosimilaires ont été produits en 2006, de nombreuses questions ont été soulevées par les patients, notamment sur la réalité de l’efficacité comparable au traitement de référence et sur la liberté de choix thérapeutique. Beaucoup moins coûteux à produire, les biosimilaires sont en effet prescrits de plus en plus fréquemment en rhumatologie, dans une démarche de contribution à l’équilibre des comptes de santé.

Dans leurs conclusions, les trois associations de patients mettent l’accent sur deux points particulièrement sensibles :

  • à ce jour, « les modalités d’utilisation [des biosimilaires] restent floues et les pratiques variables quant à l’information et l’accord du patient » ;
  • mais leur prise de position commune doit conduire à « permettre une utilisation des biosimilaires en toute transparence et toute confiance ».

Cette position commune a été détaillée en 10 points essentiels, parmi lesquels certains nous semblent essentiels :

  • les patients sont sensibles à l’argument économique pouvant conduire à la prescription d’un biosimilaire
  • la proposition d’un biosimilaire en initiation de traitement relève de la décision de prescription, avec les mêmes obligations que toute autre prescription
  • le statut de biosimilaire ne doit pas être dissimulée au patient
  • le patient doit pouvoir exercer son choix libre et éclairé
  • être informé et donner son accord représente pour les malades un facteur d’adhésion au traitement.

Pour favoriser une large mise en œuvre de la politique de prescription des biosimilaires en garantissant l’information et la liberté de choix du patient, les associations ont d’ores et déjà lancé la réflexion sur les canaux d’information à développer. Les outils de communication de la recherche SAFIR en seront évidemment un vecteur actif et volontaire !

 

  1. Un second article détaillera le mode de production et de validation des médicaments biosimilaires.
  2. Biomédicaments : molécules issues du vivant et non produites chimiquement. Une newsletter de la Recherche SAFIR leur sera prochainement consacré.