Congrès de la SFR : de nombreuses avancées

Deux mois après sa tenue, il est temps de revenir sur les principaux enseignements du 31e Congrès de la Société Française de Rhumatologie (SFR). Une édition 2018 marquée par de nombreuses avancées, que ce soit dans le domaine du médicament ou des traitements non pharmacologiques. Plusieurs d’entre elles concernent les patients atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC).

Polyarthrite rhumatoïde : un nouvel inhibiteur de JAK

Les traitements de la polyarthrite rhumatoïde comptent aujourd’hui trois grandes familles :

  • les biothérapies, dont nous avons déjà traité et sur lesquelles nous reviendrons dans un prochain article et dans notre newsletter
  • les traitements de fond synthétiques comme le méthotrexate
  • les inhibiteurs de JAK (« Janus kinase », une famille de protéines impliquées dans la prolifération cellulaire).

Cette dernière « classe thérapeutique », qui suscite de nombreux espoirs chez les malades non réceptifs au méthotrexate, a fait l’objet de plusieurs communications à l’occasion du Congrès. S’appuyant sur une importante étude, l’une d’entre elles a présenté un nouvel inhibiteur de JAK, répondant au doux nom d’upadacitinib.

L’étude démontre notamment la supériorité de cette nouvelle molécule sur le traitement auquel elle a été comparée – l’adalimulab, une biothérapie commercialisée sous le nom d’Humira. Une raison d’espérer supplémentaire pour les malades : la multiplication des options thérapeutiques permet de s’adapter de plus en plus finement à chaque malade, les traitements par voie orale apportant de surcroît une grande souplesse grâce aux différentes posologies disponibles…

Spondyloarthrite : pourquoi pas la cryothérapie ?

La cryothérapie « corps entier », née dans les années 70 au Japon, est une technique qui consiste à appliquer un froid intense à l’ensemble du corps, généralement dans une cabine dédiée à cet effet et durant 2 ou 3 minutes. Elle fait régulièrement l’objet d’expérimentations dans la lutte contre la douleur et contre les phénomènes inflammatoires. Plusieurs communications sur le sujet se sont tenues lors du Congrès, montrant notamment l’efficacité de cette technique dans la prise en charge de la spondyloarthrite ankylosante. Une réalité qui reste à confirmer, et peut-être à évaluer dans d’autres indications comme la douleur chronique.

Les perspectives de l’intelligence artificielle

Les nombreuses présentations d’avancées thérapeutiques qui ont émaillé ce Congrès ont ainsi conduit les participants à constater avec une certaine unanimité le dynamisme de la rhumatologie, et à se féliciter des nombreux espoirs qu’il fait naître chez les patients. Et au-delà des soins proprement dits, certains « auxiliaires » ont aussi été à l’honneur – qu’il faudra surveiller de près. C’est bien sûr le cas de l’intelligence artificielle, qui prend de plus en plus de place dans les processus thérapeutiques. Les principales perspectives « se trouvent dans ce domaine, qui va révolutionner notre approche diagnostique et thérapeutique et devenir une aide importante pour les médecins », notait ainsi le Pr Philippe Gaudin, président de la Société française de rhumatologie, dans un entretien au Quotidien du Médecin à l’issue de la manifestation.