SAFIR au jour le jour

Chers patients, chers amis,

Avec cette nouvelle newsletter de la recherche SAFIR, notre « Mémo » se penche sur les questions d’alimentation. Elles font partie, nous le savons, de vos préoccupations majeures, en particulier lorsque les vacances et les voyages bouleversent les habitudes…

Continuez à parlez autour de vous de SAFIR, la première étude sur le quotidien des malades atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques ! Sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à nous suivre et surtout à partager nos publications, nos billets, nos tweets ! Plus nombreux seront les participants à notre recherche, plus fiables et pertinents seront les résultats et les enseignements que nous en tirerons… Nous vous proposerons d’ailleurs dans notre prochaine livraison un bilan des deux premières années de SAFIR…

Nous vous souhaitons à tous une bonne lecture !

Au mois prochain.

L’équipe de SAFIR

LE MEMO DU MOIS

Rhumatisme inflammatoire et alimentation : comment soigner sa diététique ?

 

Comme tout malade chronique, les personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, arthrite juvénile idiopathique, rhumatisme psoriasique) doivent accorder une importance particulière à leur hygiène de vie. Cette attention concerne particulièrement l’alimentation. Y a-t-il des règles essentielles à respecter ? Certains régimes sont-ils susceptibles de limiter les effets de la maladie ? D’autres sont-ils à proscrire ?

En l’absence d’études suffisamment nombreuses et solides pour valider certaines approches plutôt que d’autres, il semble important d’aborder la question avec prudence. Et s’il est préférable de respecter quelques règles de bon sens – notamment en recherchant une alimentation équilibrée et en cherchant à limiter les carences, les méthodes radicales, objets de croyances plus ou moins fortes, doivent être envisagées avec un certain recul.

Régimes spéciaux : pas assez d’études pour trancher

Depuis des décennies, de nombreux patients atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques tentent de s’astreindre à des régimes alimentaires plus ou moins drastiques. Objectif : tenter de réduire, voire de juguler, les réactions inflammatoires en supprimant certains aliments qui en seraient responsables ; ou au contraire en renforçant la présence de composants favorables à leur réduction.

Une des approches les plus connues, parmi celles supposées lutter contre les processus inflammatoires, est le régime du Dr Seignalet. Suppression des produits laitiers et des céréales, limitation des produits cuits et supplémentation en vitamines : ce régime exigeant, qu’on nomme aussi parfois « régime paléo » pour sa supposée ressemblance avec l’alimentation de nos ancêtres préhistoriques, n’a jamais fait l’objet d’évaluation scientifique. Et s’il peut limiter l’ingestion de certains allergènes alimentaires, il induit aussi des carences, notamment en calcium, qui peuvent être préjudiciables à des patients atteints de polyarthrite ou de spondylarthrite !

Recommandations négatives de la Haute Autorité de Santé

Une autre approche diététique tente de plus en plus de patients : elle consiste à apporter à son alimentation une supplémentation systématique et importante en acide gras polyinsaturés, notamment les célèbres omega-3 (acide linoléique). En étudiant l’ajout quotidien à son bol alimentaire de 0,3 à 6 grammes d’huile de poisson, plusieurs études ont démontré un bénéfice modeste mais réel de la méthode. A partir de 2,6 grammes par jour, les signes de l’inflammation diminuent dans un délai de 12 semaines – mais augmentent à nouveau si on arrête la supplémentation.

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en 2007 une liste d’orientations (toujours valables à ce jour) qui ne recommande pas ces différents régimes – y compris la supplémentation en omega-3 – en raison de leur efficacité clinique inconstante et modeste sur la douleur et la raideur, et du risque de carences associé à certain d’entre eux.

Manger moins, manger mieux

Alors, que faut-il manger lorsqu’on est atteint d’un rhumatisme inflammatoire chronique ? Et de quels aliments vaut-il mieux s’abstenir ? Le bon sens, l’expérience empirique des patients et les connaissances des rhumatologues conduisent à une première conclusion évidente : une alimentation équilibrée, saine, et raisonnable en quantité, est la meilleure approche possible.

De ce point de vue, le régime méditerranéen – dit aussi « régime crétois » – offre quelques garanties, à base de fruits et légumes, de céréales, de poisson et d’huile d’olive – et pauvre en viandes et produits laitiers. Objet d’un nombre de publications incalculable dans la littérature scientifique, il a été l’objet de deux essais contrôlés pour en évaluer l’efficacité, l’un sur la douleur, l’autre sur la fonction articulaire et la raideur matinale. Dans les deux cas, le bénéfice est « modeste mais significatif ».

Mais le contrôle de son alimentation, lorsqu’on est atteint d’un rhumatisme inflammatoire, doit aussi avoir pour objectif de limiter les risques associés – notamment le risque cardiovasculaire. Dans cette optique, l’alimentation doit être contrôlée dans sa quantité et limiter les graisses d’origine animale, les sources de cholestérol alimentaire – voire, comme le recommande l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (Afssaps), « l’utilisation d’aliments enrichis en stérols végétaux ».

En somme, il s’agit de manger moins et mieux ! Un joli programme, que chacun peut mettre en pratique dans des menus simples, que les douleurs de la polyarthrite rhumatoïde notamment ne doivent pas entraver : les légumes surgelés après cueillette contiennent autant de vitamines et de minéraux que des légumes frais, et adieu l’épluchage, qui est parfois un véritable calvaire pour les patients !

Mémo de notre prochaine newsletter :

TRAVAILLER AVEC UN RHUMATISME INFLAMMATOIRE CHRONIQUE