Pharmacovigilance : participez à la surveillance des effets des médicaments

La crise du levothyrox doit conduire à faire mieux remonter le ressenti des patients

La crise du Levothyrox a provoqué une prise de conscience chez de très nombreux acteurs du monde la santé, soignants et patients réunis. La mission mise en place en décembre dernier par le ministère de la Santé a abouti à la publication d’un rapport il y a quelques jours. Il souligne certains manquements à travers quelques passages forts, rapportés par la presse (lire revue de presse ci-dessous).

Il insiste sur la nécessité d’« encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé » – c’est-à-dire de faire vivre une vraie pharmacovigilance, appuyée sur la prise en compte du « ressenti des patients ».

La recherche SAFIR, en collectant votre vécu de patient et la façon dont vos traitements affecte votre quotidien, s’inscrit pleinement dans cette démarche. Pour en être partie prenante, la meilleure approche est donc d’y participer, en vous inscrivant sur la plateforme pour commencer dès aujourd’hui à nous faire remonter ces informations. Personne d’autre ne pourra mieux que vous nous faire connaître ces effets indésirables, ou simplement désagréables, qui modifie parfois profondément votre vie !

Revue de presse

« Levothyrox: l’accablant rapport », titre Le Parisien.

Le quotidien rappelle qu’« il y a plus d’un an, le changement de formule du Levothyrox, pris par plus de 3 millions de malades de la thyroïde, provoquait une crise ». La journaliste Florence Méréo note que « pendant 6 mois, la mission «sur l’amélioration de l’information sur le médicament», coprésidée par le médiatique Dr Gérald Kierzek et Magali Leo, a mené 90 auditions. Objectif : comprendre les dysfonctionnements qui conduisent à des crises, telle celle du Levothyrox. […] 96 pages de bilan sans concession et de propositions innovantes ».

La journaliste relève que « ce rapport n’est pas une enquête sur le Levothyrox [mais] s’inscrit dans un contexte de crise du médicament – Dépakine, Mediator… – dont la star de la thyroïde fut le point d’orgue en termes de (non) communication. »
Les problèmes relevés par le rapport ? « Sept exactement. Parmi eux, «l’absence d’anticipation» des pouvoirs publics, notamment du gendarme du médicament ANSM, et d’accompagnement des patients ; « l’absence de réaction aux nombreux signaux facilement repérables sur la Toile », comme une pétition qui, en quelques jours, a recueilli des dizaines de milliers de signatures ; le moment «mal choisi» pour communiquer, un message brouillé… Et surtout la « minimisation du ressenti des malades et de la légitimité de leurs signalements » : «l’effet nocebo a très vite été évoqué pour expliquer des effets secondaires […] Même un tel effet ne saurait disqualifier la réalité des plaintes exprimées par les milliers de patients», critique le rapport ».

Florence Méréo ajoute que « le Levothyrox a montré comment un fossé se creusait entre patients-médecins-autorités. Pour restaurer la confiance, la mission demande aux officiels un «effort accru de transparence», notamment sur les risques que présentent tous les médicaments. Et pourquoi pas innover en démocratie sanitaire en impliquant systématiquement les associations d’usagers ? »

Elle note par ailleurs : « Promouvoir plus d’informations sur le bon usage des médicaments en général. Le rapport incite à «introduire le sujet dans les programmes scolaires», dès l’école primaire puis au collège. Il prône un meilleur financement public des associations de patients, souvent dans une «fragilité économique» les rendant dépendantes du soutien des industriels. Plus original, il propose une diffusion «des messages urgents sur les vitrines numériques des pharmacies» ou d’envoyer un SMS aux patients lors d’un changement important ».

Le Monde : « Médicaments : la mission d’information pointe des défauts de communication en situation de crise »

Le quotidien du soir note que « sur la base des conclusions de la mission, coprésidée par une représentante d’association de patients, Magali Leo (association Renaloo) et le Dr Gérald Kierzek (médecin urgentiste et chroniqueur radio), [la ministre de la Santé, Agnès Buzyn] «s’engage pour une information plus accessible, plus claire et plus réactive sur le médicament» ».

« La ministre entend « encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé » avec la mise en place dès cette année d’une «stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables et le développement des technologies permettant de repérer des signaux faibles d’alerte en dehors du système de pharmacovigilance» », conclut le Monde.