Polyarthrite rhumatoïde et grossesse : quels risques ?

Mères traitées par anti-TNF : la santé de l'enfant pas en danger

Les rhumatismes inflammatoires chroniques modifient en profondeur la relation qu’entretiennent les personnes atteintes avec les événements de leur vie quotidienne. C’est précisément ce que la recherche SAFIR s’efforce de mieux connaître et de comprendre. Alors, lorsque l’événement prend une place aussi importante qu’une grossesse, c’est une foule de questions qui assaille la patiente. Les médicaments sont-ils dangereux pour le foetus ? Quels sont les risques encourus par la femme enceinte elle-même ? Deux études récentes se sont penchées sur ces questions.

Des éclairages contrastés

La première étude, publiée par la revue médicale Arthritis Care and Research, montre que les enfants nés de mères atteintes de polyarthrite rhumatoïde sont plus susceptibles que la moyenne d’être touchés à leur tour par la maladie, ou par d’autres maladie chroniques – notamment les maladies thyroïdiennes et l’épilepsie.

Cette étude a été conduite pendant 25 ans par l’hôpital universitaire d’Odense, au Danemark, sur 1206 enfants dont la mère est atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Cette cohorte a été comparée à 1 378 539 enfants nés de mères non atteintes (c’est à dire tous les enfants nés au Danemark de 1989 à 2013). Elle conclut à un risque fortement accru pour les premiers : 2,9 fois plus de risques de contracter une polyarthrite ; 2,2 fois plus pour les pathologies thyroïdiennes ; et 1,6 fois plus pour l’épilepsie.

Anti-TNF : pas de risque pour l’enfant

Une deuxième étude, publiée dans la revue médicale Arthritis and Rhumatology, apporte quant à elle des informations plus rassurantes. Elle a observé les effets des « anti-TNF » (médicaments inhibiteurs du facteur de nécrose tumoral), souvent prescrits pour lutter contre les maladies inflammatoires chroniques, sur la santé future des enfants dont la mère a été traitée. Pour cela, les chercheurs de l’Université de McGill au Canada ont comparé trois groupes d’enfants : 380 dont les mères avaient été exposées à ces médicaments ; 3000 enfants dont les mères étaient atteintes de polyarthrite rhumatoïde mais n’avait pas été exposées à ces médicaments ; et 15 000 enfants témoins, de mères non atteintes.

Les conclusions sont très nettes : la proportion d’enfants touchés par des infections graves après leur naissance est sensiblement la même dans les trois populations – environ 2%. « Savoir qu’il n’y a pas nécessairement une association entre les infections et ces médicaments contre la polyarthrite rhumatoïde sera très rassurant pour les femmes enceintes », peut ainsi affirmer le Dr Evelyne Vinet, principale auteure de l’étude.