Polyarthrite : un traitement précoce normaliserait la mortalité

La surmortalité consécutive à la polyarthrite rhumatoïde peut-elle être enrayée par des traitement plus précoces et plus intensifs ? C’est ce que démontre une grande étude conduite depuis 23 ans et présentée l’an dernier au Congrès EULAR à Amsterdam.

Comparée à la population générale, la mortalité des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) est sensiblement plus élevée. Et s’il est démontré que l’évolution des protocoles thérapeutiques permet une réduction des complications associées, nul n’avait encore la preuve de ses effets sur la surmortalité.

C’est pourtant bien ce que montrent les résultats de l’étude COBRA (Combinatietherapie Bij Rheumatoide Artritis), présentée l’an dernier au Congrès européen de rhumatologie (EULAR 2018). Ils suggèrent notamment qu’un traitement intensif précoce de la maladie permet « une normalisation de la mortalité dans la PR par rapport à la population générale », et ce après 23 ans de suivi !

Moindre mortalité pour les patients sous bithérapie

L’étude a été conduite auprès de 154 patients, qui ont été traités précocement en monothérapie (sulphalasazine), ou par une bithérapie sulphalasazine et méthotrexate à faible dose, avec de la prednisolone en amorce de traitement. Les patients en bithérapie ont montré une moindre mortalité, au bout des 11 premières années de suivi, que les patients en monothérapie – observation confirmé à l’issue des 23 années d’étude.

Ces résultats semblent confirmer que l’évolution de la prise en charge de la PR depuis les années 90 est une formidable source d’espoir pour les patients. Grâce à l’utilisation optimale de l’arsenal thérapeutique à la disposition des rhumatologues, et à l’arrivée des biothérapies, on est passé approche simplement palliative à une démarche réellement curative, permettant de réduire l’activité de la maladie, la morbidité et la mortalité…