La SFR met à jour ses recommandations de prise en charge

La Société Française de Rhumatologie (SFR) édite régulièrement des recommandations concernant la prise en charge des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR). La Lettre du Rhumatologue en publie la dernière mouture dans son édition d’avril 2019.

Suivi clinique, stratégie thérapeutique et prise en charge globale du patient sont à l’ordre du jour. Après avoir fait plancher un collège constitué de douze rhumatologues, appuyés d’un autre professionnel de santé et de deux représentants des associations de patients, la SFR a mis à jour ses recommandations. Les dernières dataient déjà de 2014, et la vitesse à laquelle évolue l’offre thérapeutique rendait nécessaire cet aggiornamento.

Simplification et clarification des grands principes

Outre une simplification généralisée de la terminologie, afin que les recommandations soient plus accessibles aux patients, les principes généraux ont été clarifiés et figurent désormais au nombre de quatre :

  • La prise en charge des patients atteints de PR nécessite une concertation entre le rhumatologue et le patient, dans le cadre d’une décision médicale partagée reposant sur l’information et l’éducation du patient ;

  • Le rhumatologue est le spécialiste qui doit prendre en charge les patients atteints de PR. Le médecin généraliste joue un rôle important pour la détection de la maladie et, en coordination avec le rhumatologue, pour le suivi du patient ;

  • Tout patient atteint de PR devrait bénéficier d’une prise en charge globale incluant les traitements médicamenteux, des mesures d’éducation thérapeutique et, selon les cas, une prise en charge des comorbidités, un soutien psychologique, un accompagnement socioprofessionnel, une rééducation fonctionnelle ou le recours à la chirurgie ;

  • Le coût de la PR, de ses conséquences et de ses traitements, à l’échelon individuel et sociétal, devrait être pris en considération dans les orientations thérapeutiques.

Au-delà de ces grands principes, et pour les compléter et leur donner une traduction opérationnelle, la SFR pose 15 recommandations, qui portent sur le diagnostic ; les traitements de première ligne, de seconde ligne et plus ; la gestion de la rémission ; et la prise en charge globale.

Adhésion du patient et modération médicamenteuse

Sur ce dernier point, les avancées sont significatives par rapport à la version précédente – portant notamment sur l’adhésion du patient, qui doit être « ajoutée comme paramètre à prendre en compte pour les choix thérapeutiques ». En termes de prise en charge médicamenteuse, le traitement de première intention reste le méthotrexate, plus ou moins associé aux corticoïdes. A la suite de longues discussions, la durée cible de la corticothérapie a été maintenue à 6 mois, mais il est précisé qu’elle doit « être diminuée et arrêtée aussi rapidement que possible ».

Enfin, s’agissant de la gestion de la rémission, l’intérêt d’initier une décroissance thérapeutique a été souligné et la formulation « peut être envisagée » a été remplacée par « doit être envisagée », ce qui n’est pas une simple question rhétorique. En effet, la nouvelle mouture de ces recommandation véhicule très largement cette notion de décroissance, associée à l’implication plus grande du patient, dans une démarche de minimisation du risque médicamenteux…